Sous le signe du Zodiac |
SOUS LE SIGNE DU ZODIAC
Cherchant à s'affirmer dans tous les domaines de la conquête de l'air, la Société française des Ballons dirigeables changea de dénomination en 1909 et devint la "Société française de Ballons dirigeables et d'Aviation Zodiac". Pour la première fois sa marque de fabrique entrait dans sa dénomination sociale. Prenant appui sur celle-ci, la société fut rebaptisée en 1911 "Société Zodiac, anciens Etablissements aéronautiques Maurice Mallet".
Cette année marqua la fin d'une période intermédiaire entre l'atelier et la fabrication sur commande, et la société industrielle et la fabrication commerciale. L'entreprise engagea par ailleurs sa première diversification dans la fabrication d'aéroplanes monoplans et biplans; c'était là un choix peu commun car, en général, les défenseurs des dirigeables manifestaient un certain mépris pour l'aviation et réciproquement.
Mais Maurice Mallet et ses ingénieurs nourrissaient une même passion éclectique pour le plus léger et le plus lourd que l'air. Ils construisirent en 1909 le premier biplan du célèbre aviateur Maurice Farman.
Portée par ce nouvel élan l'entreprise s'essaya même à la fabrication d'hydroaéroplanes en 1912 et de moteurs (licence Pickers) en 1913-1914. Cette première expérience de diversification s'acheva cependant provisoirement à la veille de la Première Guerre Mondiale. A la demande de l'administration militaire, les fabrications furent suspendues, l'entreprise devant se consacrer exclusivement à l'aérostation. Si elle annonçait de nouveaux contrats, l'entrée en guerre de la France eut pour conséquence d'aggraver la précarité financière de l'entreprise. L'emploi des dirigeables s'avéra assez vite décevant pour le bombardement stratégique. Zodiac retrouva la fabrication d'aéroplanes en créant une section aéroplane complètement autonome, séparée des services ballons. En 1916, l'entreprise livrait deux aéroplanes par semaine.
L'armistice signé, l'entreprise dut, comme toutes les usines de guerre, envisager sa reconversion. Les commandes ne suivaient pas, pire, le marché de l'aéronautique était complètement retombé. C'est seulement vers juin 1927, qu'elle eut pour la première fois depuis la guerre une activité correspondant à son objet social. Outre les ballons d'observation, Zodiac vendit notamment ses nouvelles vedettes pour les marchés de la Marine. Le dirigeable semi-rigide V10, achevé en 1930, constitua l'innovation sans doute la plus remarquable de cette période.